S’habiller à Tokyo : les fripes.

Je ne suis pas un grand connaisseur du monde de la mode et des règles qui peuvent la régir. Il vous suffirait d’ailleurs de me rencontrer quelques instants pour partager cette certitude.

Cependant, j’avoue y être sensible et m’attarder de temps en temps sur la question (une excuse pour regarder les filles passer diront les mauvaises langues.)

Tokyo est incontestablement un endroit où beaucoup de choses se passent à ce niveau là. J’ai souvent été aussi surpris de voir à quel point les Japonais peuvent être concernés par cette question.

Dans cette multitude de styles, de mouvances et d’extravagances, quelque chose m’a instantanément beaucoup plu ; les fripes.

Au Japon on les nommes 古着屋 (furugiya) littéralement échoppe de vieux vêtements.

Furigiya – les fripes à Tokyo :

D’abord attiré par la bonne affaire, je me suis vite rendu compte que ces lieux étaient loin d’être le rendez-vous des fauchés ou des mal habillés. En fait c’était tout le contraire. On peut certes trouver des vêtements à des prix modiques (300 yens le T-shirt, 500 yens le jean etc) mais cela n’est clairement pas la motivation première de la plupart des clients que l’on peut y croiser.

Les personnes rencontrées étaient plutôt bien habillées et dotées d’un certain sens du détail. La friperie allie alors deux atouts assez intéressants :

– La possibilité de “recycler” sa garde-robe rapidement en la revendant ce qui permet, d’améliorer son budget mais aussi, de faire de la place à la maison.

– La possibilité de trouver des choses plus rares ou passées de mode, ce qui permettra de réinventer son style et finalement d’être à la mode.

Car c’est le grand paradoxe de cette expression. Etre à la mode ce n’est pas l’être, mais la devancer légèrement, c’est prendre des risques, c’est un numéro d’équilibriste doublé d’une éternelle course en avant. J’avoue qu’à ce jeu les Japonais/e sont vraiment inventifs (souvenez-vous ).

 

Les zones à fripes : le cas Koenji

Il me serait impossible de toutes les citer en raison de leur nombre et de ma connaissance limitée dans le domaine. Beaucoup auront en tête Shimokitazawa, très réputé en la matière, mais on en trouvera aussi vers Harajuku et Ikebukuro.
Nous allons nous intéresser à Koenji car la zone en regroupe beaucoup de plus, je connais beaucoup mieux cette partie de la ville.

Koenji se situe à quelques encablures de Shinjuku et la ligne Chuo vous y mènera très rapidement. Koenji à une réputation décontractée où, bars, salles de concert et petits restaurants se côtoient. Rien que pour son ambiance ce quartier mérite qu’on s’y attarde.

Si vous suivez la grande allée couverte (shotengai) qui coupe la ligne chuo perpendiculairement au niveau de la sortie de la gare, vous tomberez très vite sur les dites friperies. Mais ne vous limitez pas à cette allée. Il vous appartient de chercher celle qui vous correspond au niveau des prix, des styles, de l’ambiance.

N’hésitez pas non plus à revenir régulièrement, le stock tourne beaucoup et l’habit de vos rêves sera peut être là lors de votre prochaine visite. C’est d’ailleurs un autre point positif, les visites ne sont jamais les mêmes et ne suivent aucune règles établies.

Furigiya et boutiques vintages:

Il m’appartient ici de faire un distinguo important. En effet au milieu des furigiya, se mêlent aussi les boutiques “vintage” que je nomme habituellement “fausses furugiya”.

Je ne nie pas l’utilité de ces boutiques très différentes ou l’accent est mis sur le style. Elles sont magnifiques et illustrent encore une fois le génie dont font preuve les Japonais en matière de décoration.

Cependant, j’ai l’impression que le mot Vintage est devenue un terme pratique pour justifier la réévaluation très significative des prix de vente des vieux vêtements.

N’hésitez pas à y pénétrer, certaines sont vraiment superbes. Vous pourrez juger des bonnes affaires qui s’y présentent.

Vous apprendrez très vite à faire la différence entre ces deux types de boutiques.

laurent ibanez derriere la colline frippes tokyo vintage

Quelques enseignes sympa :

Il ne m’appartient pas de vous dire quelle boutique est bonne ou pas. Tout est ici matière de goût et je me garderai bien de donner des leçons en la matière.

Je vous donne juste quelques noms pour vous aider lors de vos premières visites.

– Mode off : il s’agit d’une chaîne assez connue avec des dérivés pour les livres (book off) et l’alcohol (liquor off). Ce magasin n’est pas le meilleur, mais il mérite toujours qu’on s’y attarde. Ici tout peut arriver le pire comme le meilleur. Le magasin de Koenji fait deux étages et il est facile d’y passer au moins une heure si l’on cherche avec attention.

laurent ibanez derriere la colline frippes tokyo modeoff

– 2nd street : il s’agit également d’une chaîne. L’ambiance est beaucoup plus classe que chez mode off. Mais ce qu’on gagne en classe, on le perd de suite en diversité. On ressent ici qu’un choix dans les reprises a été effectué. C’est donc un peu plus classique, mais on gagne du temps si l’on vient pour s’acheter des vêtements “normaux”.

laurent ibanez derriere la colline frippes tokyo secondstreet

– Trasure factory style : un de mes préféré. C’est un peu un compromis entre mode off et 2nd street. Les choix sont un peu plus variés, et une préselection a été faite en amont. Avec le temps il me semble tout de même que les prix ont tendance à augmenter.

laurent ibanez derriere la colline frippes tokyo treasure factory

Rien qu’à Koenji il doit bien y avoir une trentaine de boutiques, n’hésitez donc pas à explorer les petites ruelles, à entrer, regarder les prix et revenir régulièrement. Vous ferez souvent des découvertes intéressantes et croiserez quelques fois des personnes aux styles vraiment extravagants.

Florilèges de découvertes :

Je vous laisse ici quelques petites photos de choses qui ont pu vraiment nous faire rire lors de notre dernier passage.

Petit jeu entre amis :

Petit bonus. Il y a un jeu que j’aime beaucoup pratiquer avec une amie (qui se reconnaîtra si elle trouve le temps de lire ces lignes).

C’est assez simple : le but est de constituer pour son partenaire l’ensemble de son choix. Je choisis ce qu’elle porte et elle fait de même pour moi.

L’ensemble est souvent constitué d’un ou de deux hauts, d’un bas, d’un chapeau (en option) et d’un accessoire.

Vous l’aurez compris le jeu devient vite un prétexte à trouver les choses les plus improbables possible pour son ami. Il faut une petite dose d’humour et d’autodérision mais c’est toujours un bon moment.

Les plus courageux achètent l’ensemble et sortent avec lors de leur prochaine soirée à Tokyo.

Ceux qui se prêteront au jeu, sont priés de me faire parvenir les photos afin que je les ajoute à l’article.

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3 thoughts on “S’habiller à Tokyo : les fripes.

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