Nakazakicho, un quartier à part à Osaka.

C’est par l’intermédiaire d’une amie japonaise complètement fan de mode et travaillant dans cette industrie que j’ai eu vent de ce quartier situé à côté d’Umeda à Osaka.

Umeda est dèjà un quartier vraiment intéressant oscillant entre gigantismes et lieux plus intimes. C’est petit à petit et avec beaucoup de plaisir que je découvre ce quartier.

Vous l’avez déjà vu à travers l’article sur les fripes à Tokyo et celui sur le Tokyo design festa, les questions liées à la mode et l’art me sont vraiment importantes il était donc impossible que je n’aille pas voir ce qu’il en retournait là bas.

Le quartier en question est un peu excentré et sa spécificité ne vous saute pas directement au yeux tant il se confond avec un paisible quartier résidentiel. Ses limites sont peu claires, l’endroit se parre d’une extravagance presque pudique.

Bienvenue à Nakazakicho !

Nakazakicho, un centre créatif dans la ville :

Si l’on devait faire un parallèle avec la capitale, le quartier fait tout de suite penser à Shimokitazawa. On retrouve cette ambiance un peu à part et cette prédominance de la mode. Il me semble cependant que Shimokitazawa s’éloigne peu à peu de ce qui faisait sa spécificité et sa saveur au profit d’enseignes glam chic qui ne résistent pas vraiment à l’œil averti en mal d’originalité.

On a donc l’impression qu’à Nakazakicho, il nous est possible de revenir en arrière et d’assister à ce que pouvait être Shimokitazawa à ses débuts.

Ces quelques blocs permettent donc d’aller d’un magasin de fripes, à un petit couturier, en passant par des cafés aux charmes vraiment à part.

Une sorte de Tokyo design festa à ciel ouvert !

laurent ibanez derriere la colline nakazakicho carte

La carte du quartier.

 

L’écrin compte parfois autant que le bijou :

Ce qui interpelle surtout dans ce quartier c’est qu’il se fond au milieu d’une zone d’habitation constituée de petites maisons assez anciennes d’un étage maximum. Ces petites maisons, sans doute aux loyers modérés, ont donc été investies par des artistes qui les ont réhabilitées à leur goût.

laurent ibanez derriere la colline nakazakicho cafe

Un petit café du quartier.

De l’extérieur seuls de petits panneaux nous permettent de distinguer les échoppes des autres maisons. Lorsqu’on rentre dans l’une d’elles, on pénètre finalement dans l’univers de l’artiste par la même occasion.

laurent ibanez derriere la colline nakazakicho boutique rue

Exemple de maisons réinvesties.

 

Les lieux sont souvent étroits et il n’est pas rare que l’atelier de confection côtoie la pièce dédiée à l’exposition et à la vente.

Les rues aussi sont vraiment intéressantes. Elles dessinent un petit labyrinthe où habitants, clients et artistes se côtoient paisiblement.

On aperçoit parfois des gens s’engouffrer dans d’improbables ruelles dans lesquelles se trouvent pourtant cafés et ateliers. 

L’endroit est clairement parcouru par de nombreux initiés qui possèdent tous leur propre fil d’Ariane. 

Etant complètement nouveau dans le quartier je me suis donc mis à suivre discrètement ces cartographes d’un genre nouveau.

laurent ibanez derriere la colline nakazakicho boutique

Les entrées sont retravailler et se distinguent des maisons ordinaires.

Que trouver dans le quartier :

La première chose qu’on y trouve ne s’achète pas. L’ambiance du lieu est assez unique, et le simple fait de s’y balader quelques heures en s’émerveillant devant boutiques et ateliers suffit amplement à passer un bon moment.

L’endroit est essentiellement tourné vers la mode, on trouvera donc beaucoup de fripes assez “haut de gamme” dont l’intérêt réside surtout dans l’agencement de la boutique elle même (à moins qu’un vieux polo Lacoste délavé à 5000 yens soit susceptible de faire naître en vous des envies soudaines).

De manière plus intéressante beaucoup de petits créateurs/trices proposent dans leur boutique des vêtements aux styles très variés.

laurent ibanez derriere la colline nakazakicho frippes

on est parfois à l’étroit dans ces petites échoppes.

On y entre surtout par curiosité et l’on y reste par plaisir et goût. Il est aussi vraiment agréable d’être directement au contact de la personne à l’origine du vêtement ou de l’accessoire de mode présenté. L’endroit par sa taille génère certes une proximité physique mais également une complicité bienveillante avec la personne occupant les lieux qui souvent brûle de partager avec vous son amour pour la création.

On trouvera également beaucoup de magasins étranges, liés au design. Il y a notamment cette petite boutique dédiée à … la girafe. A l’intérieur tout rappelle l’animal au long cou. C’est étrange, inédit et plutôt maniaque mais vraiment intéressant.

laurent ibanez derriere la colline nakazakicho giraffe

La boutique dédiée aux girafes.

On se plaît alors à chercher dans les recoins du quartier les boutiques les plus extravagantes possibles.

Tout cela ressemble vraiment de plus en plus au Tokyo design festa.

Comme évoqué plus haut la rue elle même n’est pas en reste et plein de petits détails amusants viennent y prendre place.

Il n’est d’ailleurs pas rare de croiser des modèles amateurs se faire photographier dans le quartier portant certainement les dernières créations d’un styliste local.

laurent ibanez derriere la colline nakazakicho art dans la rue

Cette tête de lapin est un masque que l’on peut enfiler.

L’art comme moteur du quartier :

Le quartier et ses environs ont connu beaucoup de transformations ces dix dernières années sous la pression de promoteurs immobiliers en mal de terrains à bâtir. Il semble que cette installation de l’art entre ces murs joue une forme de résistance passive/active à cet encerclement. C’est un peu la même histoire que le golden gai à Shinjuku.

laurent ibanez derriere la colline nakazakicho peinture rue

le mur d’un atelier en pleine décoration.

 

Lors de ma dernière visite il se tenait même un petit événement (sorte de Matsuri artistique) ou stands classiques côtoyaient d’autres dédiés à la création, sans oublier les friperies de luxes.

A l’intérieur du petit local, on pouvait assister à un atelier de live painting où les enfants s’en donnaient à cœur joie sur de grands murs blancs. Tout cela accompagné d’un groupe live dont la frénésie rythmique n’était pas pour calmer l’ardeur des enfants.

J’assistais assez étonné à une valse de bambins ressortant de là complètement recouverts de peinture sous les sourires et les flashs de parents fiers de leur progéniture.

laurent ibanez derriere la colline nakazakicho live painting

Le résultat était assez étonnant.

Une belle surprise à Osaka :

Osaka est une ville brûlante aux trépidations sans pareil. Il est agréable de pouvoir en quelques ruelles à peine changer d’atmosphère et être transporté de la sorte.

Nakazakicho est un lieu de dimanche après midi. Une Oasis où l’on déambule tranquillement, sans rien espérer quand tout à coup la magie s’invite sans crier gare.

Si vous êtes de passage dans le quartier, faites le détour. Vous serez certainement heureux d’y avoir perdu quelques heures.

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8 thoughts on “Nakazakicho, un quartier à part à Osaka.

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