Tokyo Design Festa : la créativité à la Japonaise.

Ceux qui me lisent depuis un certain temps s’en sont certainement déjà rendu compte, l’art sous toutes ses formes est une chose qui m’intéresse énormément c’est donc assez naturellement que je l’évoque plus ou moins directement à travers certains articles (les marionnettes flottantes, le cercle des poètes vietnamien, japan stickers war…).

Si l’on veut bien y prêter attention, une œuvre quelle qu’elle soit, en dit toujours bien plus que ce que son auteur veut bien l’admettre. Ainsi même si vous ne parlez pas la même langue, il sera souvent possible de percevoir/ressentir/comprendre énormément de choses (exception faite des œuvres écrites).

Aujourd’hui c’est du côté de l’esprit créatif nippon que je vous propose d’aller faire un tour. Plus précisément du côté du Tokyo Design Festa.

Le Tokyo Design Festa : un Maelstrom créatif

Il s’agit d’un événement bi-annuel, se tenant au Tokyo Big Sight, qui propose à toute personne de pouvoir venir montrer son travail créatif. Cela me fit penser à ce qu’était la “faites de la musique” à ses débuts (oui, faire à l’impératif). Ce jour laissé à tous les musiciens amateurs jouant habituellement dans leur garage afin de pouvoir une fois l’an prendre une bouffée d’air pur et s’exprimer devant tout le monde.

laurent ibanez tokyo design festa exterieur

le Tokyo Big Sight.

Et bien le Tokyo Design Festa c’est ça. Même si quelques professionnels se dissimulent dans la masse, c’est ici un véritable déferlement de force créatrice qui peut à son tour briller le temps d’un week-end.

La force du Design Festa : son insondable diversité

Ne tournons pas autour du pot. Ce qui fait la force de cet évènement c’est cette multitude, ce nombre, riche d’une diversité incroyable.

Lorsque l’on y va il est impossible de tout aimer, mais il est également impossible de tout détester. Même le plus hermétique à l’art ne pourra s’empêcher d’avoir un sourire, un étonnement, une stupeur, devant cette richesse déployée.

L’évènement est vraiment énorme et occupe plusieurs halls du Tokyo Bigsight, si bien que si l’on veut prendre le temps de tout voir et de discuter un peu avec les artistes, les deux jours que dure le festival sont juste suffisants à cette entreprise.

Rencontrer les artistes :

L’autre point très positif c’est qu’il vous est donné dans la plupart des cas d’échanger avec les artistes. Ce moment est vraiment important pour l’auteur comme pour le spectateur. Travailler dans son coin seul à son œuvre sans savoir ce que cela peut susciter sur le public peut être frustrant et limitant artistiquement. Les œuvres présentées peuvent être assez folles et il est clair que les créateurs se nourrissent énormément de nos réactions.

Il est aussi agréable pour le public de pouvoir poser des questions et d’interagir avec l’artiste. L’art a souvent cette réputation élitiste où créateur et public évoluent dans des sphères que l’on veut éloignées. Ici cette volonté de rapprocher les individus et de “populariser” l’art, rend le moment vraiment convivial.

laurent ibanez tokyo design festa rencontre

Les artistes sont souvent avides d’échanges.

Entrer dans la tête du Japon actuel :

Beaucoup de choses sont racontées sur le Japon et lors de nombreuses lectures, je tombe souvent sur énormément de clichés et d’idées toutes faites. Attention je n’en nie pas l’utilité, je trouve seulement que beaucoup sont paresseux et se contentent de cette façon de voir le pays.

C’est dommage car aucune culture au monde ne peut être quantifiée et/ou ordonnée.

Venir au Tokyo design Festa c’est véritablement entrer dans la tête du Japon de maintenant. Différent d’hier et sans doute différent de demain. Vous allez alors vivre au même moment que le japon, sentir son pouls et savoir enfin à quoi tout cela ressemble.

Qu’y trouve t-on exactement ?

Pour être honnête il est pratiquement impossible d’être exhaustif à moins de tout énumérer, aussi de terribles choix ont dû être fait. (vous noterez l’utilisation surabondante des “…”.)

De manière très générale on retrouve :

Du dessin : manga, illustration, caricature, peinture, live painting …

Du design : vêtements, accessoires, sacs, chapeaux, travail du cuir, métaux, papier …

Mais aussi, de l’animation, modélisme, des gadgets, de la joaillerie, des événements, du chant, de la danse …

Et surtout : de l’inclassable, des trucs bizarres, des choses qui même après explications restent incompréhensibles.

Illustrer la diversité :

Il doit être difficile de se faire une idée de ce à quoi tout cela peut ressembler aussi ai-je sélectionné quelques stands afin de vous donner une idée de la chose :

Faire de nos poubelles un super héro :

C’est tout à fait ce qui me fait sourire. L’idée : la poubelle. Et si on faisait de ce truc peut attirant quelque chose de sympa, créons un concept autour de la poubelle.

Des personnages sont créés, des stickers, et quelques miniatures. Les détails sont toujours soignés. Ainsi la créatrice s’est habillée en bleu de travail avec un déguisement rappelant son personnage.

Vous en avez marre d’avoir le même sac que monsieur tout le monde. Vous voulez qu’on vous remarque (limite qu’on vous trouve bizarre ?) et bien je connais un créateur qui sera répondre à vos attentes. Ici poisson-chat, mérule, caméléon et beaucoup d’autres animaux sont prêts à engloutir vos effets personnels et venir s’accrocher à votre dos.

laurent Ibanez tokyo design festa exemple sacs bizarres

Sac aux formes peu conventionnelles.

Rendre la beauté aux choses qu’on ne voit jamais :

Je suis tombé sous le charme du travail de cette personne. Ceux qui sont déjà venus au japon ont déjà croisés ces structures en béton représentant animaux réels ou fantastiques qui équipent les parcs pour enfant. Souvent décrépis et usés par le temps, on finit par ne plus les voir.

Et bien cet homme se rend de nuit dans les parcs, les éclaire selon son goût, et les photographie de la plus belle des manières.

Depuis lorsque je vois ces structures dans les parcs j’ai une pensée pour cet homme et sa belle singularité.

laurent Ibanez tokyo design festa exemple parc

ça ne rend pas aussi bien que sur place.

Un pinceau pour le moins singulier :

Je l’ai évoqué, il y a aussi du live painting. Beaucoup de styles et de techniques se côtoient, des plus conventionnelles aux plus inédites.

Ainsi je suis tombé devant cette réalisation. Elle me semblait vraiment belle. En me rapprochant je remarquais déjà que le support était inhabituel, puisqu’il s’agissait non de papier mais de facturettes que l’on reçoit dans les combini. Intrigué je me rapprochais encore et l’on m’expliqua que ce que j’avais pris pour un pinceau était en fait un fer à souder. En l’approchant plus ou moins de ce papier particulier, celui-ci vire au noir, permettant donc de “feràsouder” son œuvre de la plus belle façon.

Il m’est impossible de parler de tout ce que j’ai pu voir. Et c’est avec frustration que j’arrête ici l’énumération des merveilles. J’espère que cela suffira à vous donner envie.

Bonus : les trucs un peu what the fuck :

Je vous pose tout ça là et vous laisse vous débrouiller avec les questions et les réponses.

Du cosplay original :

Je ne suis pas super sensible au cosplay, cela vient surtout du fait que l’on a souvent tendance à croiser une myriade de clones et lorsqu’on à vu un très beau costume le reste devient assez fade.

Au Tokyo design festa le cosplay de personnages sous licence est interdit pour des questions de droits d’auteurs. Cela n’a cependant pas arrêté les participants qui doivent alors rivaliser d’imagination et d’inventivité pour créer leurs propres costumes. Beaucoup de participants sont en fait des exposants, mais cela peut aussi être le cas des visiteurs. Encore une fois la diversité est un maître mot même si cette année le steam-punk était très représenté.

Live painting :

Beaucoup d’artistes se sont livrés sur les deux jours à du live painting. Il était donc agréable au fil de nos déambulations et allers-retours de voir comment pouvait évoluer une toile.

Je vous en laisse quelques une à des niveaux plus ou moins avancés.

Représentation scénique :

Il y avait également un hall avec une scène ou s’enchaînaient les représentations durant la journée. On pouvait y voir des groupes de musique, des défilés ainsi que de la danse. J’avoue ne pas avoir eu beaucoup le temps de m’y attarder mais le peu que j’en ai vu était également très varié.

laurent Ibanez tokyo design festa art scénique

Longue vie au Tokyo Design Festa :

Contrairement à ce que l’on peut croire, il peut parfois être assez difficile de vivre au jour le jour au Japon. Parfois même on doute, on se demande ce que l’on fait là, ce qui nous a poussé loin de notre famille et de nombreux amis. On oublie les raisons à l’origine de tout cela.

Lorsque je me rends à cet évènement, tout redevient alors limpide, les doutes s’évaporent. C’est ce foisonnement, cette intelligence mêlée de folie douce amère qui m’avaient attiré à l’origine. Je suis alors heureux de les retrouver, ce ne sont plus tout à fait les mêmes et je sais que demain ils auront probablement encore changé mais peu importe, c’est ça qui me plaît.

Si vous avez la chance d’être au japon lors de cet événement, je vous invite vraiment à vous y rendre au moins quelques heures. Vous y ferez une expérience unique. N’hésitez pas ensuite à venir la partager ici avec nous.

Le lien vers le site du Tokyo Design Festa

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