Le palais impérial Sento à Kyoto

L’hiver est arrivé à Kyoto. Les températures baissent mais restent assez agréables. Le soleil est souvent présent et nous offre parmi les plus belles lumières que l’on puisse avoir au cours de l’année.

La ville s’est complètement vidée de ses visiteurs, c’est un moment parfait pour continuer à l’explorer et profiter de ce qu’elle offre dans des conditions encore inimaginables il y a un an de cela.

Aujourd’hui, direction le palais impérial sento de Kyoto ainsi que le palais Omiya.

Le parc du jardin impérial n’est pas que l’écrin d’un seul joyau :

Le jardin du parc impérial est un petit poumon au centre de Kyoto et permet à tout un chacun de venir s’y étendre, y faire une pause ou encore son jogging. Il enferme également le palais impérial ou Kyoto Gosho qui fait très souvent l’objet d’une visite remarquée.

Mais sachez que l’enceinte de ce parc offre bien d’autres lieux dignes d’intérêt. Parmi ceux là, on trouve notamment le palais impérial Sento ainsi que le palais impérial Omiya.

Un peu plus difficiles d’accès, leur visite suppose en général une inscription au préalable mais cette dernière est gratuite et guidée (en japonais mais des audioguides en français sont aussi disponibles).

En ce moment il y a si peu de monde que l’on peut même s’y rendre sans réservation s’il reste de la place dans le groupe. Ce matin nous étions moins de dix pour 91 000 mètres carrés de surface à visiter.

Deux palais pour le prix d’un ou presque :

-Le palais impérial Sento qui servait de résidence à l’empereur émérite, titre donné à l’empereur après qu’il ait abdiqué. Edifié pour la première fois pour l’empereur Gomizuno en 1630.

-Le palais Omiya destiné à l’épouse de l’empereur retiré. Il est construit à la même époque en 1630.

Ces palais brûlèrent à plusieurs reprises au cours de l’histoire et furent à chaque fois reconstruits. Le dernier grand incendie de 1854 fut cependant fatal au palais Sento puisqu’après ce triste épisode seul le palais Omiya fut réédifié.

Heureusement ces deux palais étaient assortis d’un magnifique jardin qui demeure.

Le Palais Omiya est maintenant devenu la demeure officielle de l’empereur et de l’impératrice lorsqu’ils séjournent à Kyoto.

Rendez-vous à 9h30 devant la porte Nord du palais :

Il y a des rendez-vous qui vous motivent plus que d’autres et l’intitulé de ce dernier semblait plein de promesses. La seule traversée du parc impérial baigné des lumières hivernales justifiait déjà la balade.

Après avoir franchi cette fameuse porte nord on se retrouve dans la cour avec un guide japonais. Nous sommes moins de dix personnes.

La visite commence par l’entrée du palais impérial Omiya nommée Okuruma-Yose.

Okuruma-yose

Puis nous pénétrons dans l’enceinte du palais pour admirer le Otsune Goten, là où vécut l’impératrice Eisho.
L’intérieur à été rénové dans un style occidental. C’est ici que l’empereur et l’impératrice résident lorsqu’ils viennent à Kyoto.

Le Otsune Goten.

En face du bâtiment nous pouvons voir deux pruniers : un blanc et un rouge qui donnent sur une plantation de bambous accompagnés de Pins.

Cette composition n’est pas anodine et se nomme Shouchikubai. On l’appelle aussi “les trois amis de l’hivers” car ces trois plantes ne dépérissent pas en hivers. Ils incarnent la persévérance, l’intégrité et la modestie.

Un jardin du nord au sud :

Nous passons ensuite dans la partie jardin qui tient plus du parc que du jardin vu sa superficie.

Le jardin est construit autour d’un étang lui même décomposé en deux parties : nord et sud.

Même si l’on a l’impression de deux pièces d’eau, ces dernières sont en fait reliées au milieu par un petit bras d’eau.

La partie Nord de l’étang est découpée d’une telle manière qu’il nous paraît plus grand qu’il ne l’est vraiment. Les créateurs du parc ont également utilisé habilement la ligne d’horizon sur laquelle se dessine le mont Higashiyama situé à l’est de Kyoto. Cela renforce la sensation de grandeur du jardin.

Le mont Higashi-yama se découpe dans le fond du jardin.

L’étang est maintenant alimenté par un puits mais avant cela ils utilisèrent l’eau de la Kamogawa puis celles du lac Biwa.

Nous faisons le tour du lac Nord qui nous amène à un petit pont traversant justement le cours d’eau qui relie les deux étangs.

Ce pont porte le nom de ‘Momiji bashi” ou le pont des érables. Il est réputé pour être magnifique pendant la période automnale. L’hiver nous prive de ces belles couleurs mais l’imagination prend alors le relais.

Au sud du jardin :

C’est l’occasion de traverser à nouveau l’étang grâce cette fois-ci au Yatsuhashi ou pont en zigzag. Celui-ci est surplombé d’un fujidana, il s’agit d’un treillage recouvert de glycine. Cela promet aussi un joli spectacle en avril/mai.

De ce pont il est alors possible d’admirer le pont au momiji précédemment franchi. On découvre également une petite chute d’eau qui nous avait été cachée jusqu’ici.

Lorsque l’on arrive tout au sud du jardin on y découvre une magnifique maison de thé, le Seika-tei. Il permet de prendre le thé en admirant l’étang dans un axe Sud/Nord.

Le Seika-tei.

En remontant vers le nord, la berge de l’étang est recouverte de galet. Cela est sensé représenter une plage, l’étang devenant alors la mer.

Il y aurait 120 000 galets. Chaque galet aurait coûté l’équivalent d’un sho de riz (1,8 litres). Ces galets sont nommés ishoishii “les galets à un sho”.

Je ne suis pas sûr d’avoir compris mais il me semble que le guide indiquait que ces galets venaient de la région d’Odawara.

La plage de galets.

Finir par une maison de thé :

Une maison de thé peut en cacher une autre, mais avec un tel paysage autant en abuser un peu.

Sur la rive ouest nous trouvons donc une maison de thé nommée Yushin-tei. Recouverte d’un toit de chaume et doté d’une grande fenêtre ronde.

Ce qui est encore plus marquant c’est la présence d’une clôture. Cela parait anodin mais il s’agit d’une véritable séparation entre deux mondes, c’est une espèce de ligne de démarcation, comme lorsqu’on encadre une photo. Cette maison est un monde qui se situe déjà dans un autre monde (le jardin).

Inception avant l’heure.

La visite a duré un peu moins d’une heure et on aurait aimé y rester un peu plus longtemps pour profiter des lieux et de la lumière. Mais ce n’est pas grave, il suffit de se relever dimanche prochain pour y avoir encore accès. On goûte les choses bien différemment quand on les sait intarissables.

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