Festival international du cinéma asiatique d’Osaka.

Du 8 au 17 mars se tenait à Osaka la 14 éme édition du OSAKA ASIAN FILM FESTIVAL (OAFF). L’occasion de plonger dans l’océan de créativité que nous propose l’Asie. Certes moins connu que le festival international du film de Busan, L’OAFF ne démérite pas par son organisation, et une programmation éclectique, ou souvent sont présentés de jeunes réalisateurs.

Il souffle donc un air de fraîcheur extrêmement agréable propice à de belles découvertes nous permettant d’appréhender ce à quoi pourra ressembler le cinéma asiatique de demain.

C’est donc avec beaucoup de plaisir que je vous amène faire un tour sur ce qu’à pu nous proposer le festival sur cette jolie dizaine de jours.

Le festival en quelques mots :

C’est plus d’une cinquantaine de films représentant une dizaine de pays qui nous ont été présentés durant ces dix jours.

Chaque jour, cinq à huit films étaient montrés. Le programme prévoyait bien souvent une deuxième projection pour chaque film ce qui permettait aux plus curieux de presque tout voir.

Les films étaient présentés dans plusieurs catégories :

-compétition

-programme spécial

-indie Forum

-Projections spéciales

L’occasion d’élargir ses horizons :

A mesure que l’on bâti sa culture cinématographique, il arrive que l’on s’enferme peu à peu dans ce que l’on croit connaître. Ainsi aura t on tendance à “privilégier” certains thèmes, genres, réalisateurs, nationalités de films.

Ce n’est pas forcément une mauvaise chose car ce système nous aide à faire des choix. Le côté plus pernicieux c’est que la prétendue flamme de notre connaissance aura parfois tendance à nous éblouir et nous faire passer à côté de choses intéressantes.

Le festival peut jouer un rôle assez salvateur en la matière en nous sortant de notre zone de confort.

Faire un choix :

Une fois le passe press reçu, je ne disposais que d’une photo et d’un mini synopsis pour faire un choix. Sans aucun repères cela devenait difficile de choisir.

J’ai soudain réalisé que c’était justement ça le point positif : sortir de ses habitudes et faire confiance au festival.

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Passe presse et catalogue du film. 

C’est soulagé que j’ai choisi une vingtaine de films à visionner. Le résultat est vraiment positif. Je n’ai bien sur pas tout aimé, certains m’ont déçu, d’autre m’ont surpris, il y en a d’autres que je n’ai toujours pas compris mais qu’importe.

Tous les films étaient sous-titrés en anglais et en japonais. Cela permettait donc de se plonger pleinement dans les films.

Rencontre avec les équipes des films :

La plupart des films projetés étaient suivi d’une rapide discussion avec quelques membres de l’équipe du film. C’était une bonne occasion pour poser des questions et échanger. Cela fait toujours un effet étrange de voir apparaître sur scène ceux qui quelques instants avant étaient encore sur la toile. C’est un des points fort du festival. Les équipes étaient souvent très contentes d’être présentes et se prêtaient avec beaucoup de plaisir au jeu des questions et des réponses. La plupart des échanges étaient cependant en japonais ce qui pouvait rendre la compréhension un peu difficile pour la presse internationale, il y a un peu de travail à faire de ce côté là.

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Echange avec l’équipe du film de Demolition Girl. (c) OAFF

A la sortie du film on pouvait à nouveau aller échanger avec les acteurs ou réalisateurs présents.

Quelques films projetés lors du festival :

Je n’ai pas pu tout voir. Ce n’est pas l’envie qui me manquait mais parfois votre calendrier ne colle pas parfaitement à celui du festival. J’ai du assister à la moitié des films projetés et c’est assez arbitrairement que je vous présente ceux-la.

Avec un peu de recul je réalise que j’ai particulièrement aimé les films présentés dans la catégorie indie. Il y a souvent peu de moyens mais l’énergie qui transpire de ces films suffit à vous tenir en haleine. C’était souvent l’occasion de voir des premiers films.

Le but ici n’est pas de faire une analyse des films mais plutôt de vous donner l’envie d’aller les voir. Je ferai donc attention à ne pas trop en dire. Soyez curieux !

 

G affairs Hong-kong/ 2018/couleur Réalisateur : LEE Cheuk Pan

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G affairs.

Premier film du festival.

On commence par quelque chose de relativement étrange et assez difficile à cerner.

Le film tourne autour de la lettre G. Elle sera la première lettre de mots qui évoquent quelque chose de positif ou négatif pour les protagonistes du films.

La ville de Hong-Kong est aussi un personnage du film.

On tourne autour d’une famille plutôt aisée. La fille est scolarisée dans une école catholique réputée.

Petit à petit l’histoire laisse apparaître les nombreuses interactions entres les nombreux personnages que compte l’histoire.

Les personnages vont apparaître sous plusieurs angles laissant comprendre la duplicité de leurs comportements. Tout parait simple au début mais la ligne tracée entre bien et mal n’est finalement plus aussi nette à mesure que le film se déroule.

La société bien-pensante, croyante, riche et machiste se révèle peu à peu.

L’histoire est montée de manière particulière ce qui la rend assez difficile à suivre. C’est bien sur volontaire et le réalisateur est toujours sur le fil , à la limite de nous perdre mais il sait distiller informations, petits rebondissements pour nous garder en haleine.

C’est un peu l’histoire d’une génération nouvelle qui essaye de voler de ses propres ailes dans un monde construit par et pour leurs aînés.

On sent que le réalisateur veut dire beaucoup de chose à la fois ce qui peut parfois le rendre un peu confus, cela cependant à la mérite de nous faire ressentir l’état d’esprit des protagonistes.

Cotés technique rien à redire le réalisateur sait ou il va et maîtrise son langage. Mention spéciales aux lumières qui sont assez fantastiques surtout lorsque le réalisateur filme HK la nuit.

Pour en savoir plus

 

Randen Japon/2019/couleur/114min. Réalisateur : Suzuki Takuji

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Randen.

Randen c’est le nom d’un tram train qui dessert le grand ouest de Kyoto (jusqu’à Arashiyama).

Le réalisateur va utiliser cette ligne, comme un fil conducteur entre tous les personnages du film.

Un homme à la recherche de son passé revient sur Kyoto, un groupe d’étudiant en visite dans l’ancienne capitale impériale, un jeune acteur venu pour un rôle.

Les personnages se croisent sans forcément intérargir entre eux. La colonne vertébrale sera le train.

Il s’agit d’un film “tranche de vie” style plutot rare sous nos latitudes mais que les japonais maitrisent assez bien. On pense notamment à l’excellent “a drift in Tokyo” ou “Tokyo park”. Ces films apparement simples et sans prétention sont souvent l’occasion de distiller des réflexions que la vie de tous les jours seule peut nous enseigner.

Une espèce d’hommage aux apprentissages de la vie de tous les jours qui finissent par représenter une partie importante de notre expérience.

Dans ce style Randen est parfaitement à sa place et remplit son rôle de belles manière.

Pour en savoir plus.

 

Farewell summer night Hong-kong/couleur, noir&blanc/39min. Réalisateur : Huang Xiaopeng

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Farewell summer night.

Ce court nous expose la vie de lycéen à Hong-Kong. Nous allons suivre, en changeant de perspectives, chaque personnage que forme le groupe de jeune.

Ecole, parents et surtout amours impossibles rythment l’histoire.

Le sujet est trés conventionnel et il aurait été facile de tomber dans le cliché (même si l’on n’échappe pas au classique triangle amoureux) mais non. Les acteurs sont frais, leurs problèmes aussi triviaux soient ils nous touchent et nous permettent de s’attacher, de créer du lien.

Cela permet aussi d’avoir une vision assez interessante de la jeunesse hong-kongaise de ces dernières années.

La réalisation était impeccable, sans effets ostentatoires, au service du film.

Pour en savoir plus.

Chi : the méthod of breathing USA, Taiwan/2018/Couleur/25min. Réalisateur : LIU Yi

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Chi : the method of breathing.

Jusqu’ici les films ont tous été très sérieux, oscillant entre drame et histoire d’amour. Cela manquait un petit peu de comédie, heureusement Chi : the method of breathing nous amène un peu de légèreté.

Shuo vient juste de rentrer des USA. Taïwanais il vivait la bas avec sa mère. Il décide de rentrer et rencontre de sérieux problèmes pour suivre la fac.

Heureusement une camarade de classe l’aide à suivre les cours et à s’améliorer en mathématiques.

Cette amie apparemment banale s’avère être un maître en arts martiaux, faisant elle même partie d’une société secrète.

Cela sera bien-sur le prétexte à des scènes d’actions bien léchées ou comme d’habitude dans ce genre de film, chaque personnage ou presque se révèle en fait un pratiquant d’arts martiaux.

Le film revisite le genre sans se prendre au sérieux.

Une bulle d’air en cette fin de soirée.

Au niveau technique, on s’attarde surtout sur les scènes d’actions qui sans être particulièrement originales sont parfaitement chorégraphiées et filmées. Elle servent le film et permettent de passer un excellent moment.

Le cinéma taïwanais semble plein de promesses. C’est décidément un cinéma à suivre.

Pour en savoir plus.

Sisterhood Japon/2019/Noir&blanc/87min. Réalisateur : NISHIHARA Takashi

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Sisterhood.

Sisterhood est un docufiction tourné à Tokyo. Le réalisateur suit plusieurs jeunes femmes sur Tokyo à travers leurs existences. La thématique du film est axée sur les conditions de la femme japonaise et sa place dans une socièté pour le moins machiste.

Le film alterne scénes de vie et interviews face caméra nous permettant de donner plus de relief aux personnages et leur sentiment sur leur vie.

Ce thème est assez rarement abordé au cinéma, il est donc vraiment agréable de le voir au sein d’un festival.

Le film ne se veut pas forcément engagé, mais table plutot sur la carte de l’empathie. Décrire des personnages, leurs situations, et sentiments profonds nous aide à nous identifier à elles et leurs sentiments.

Cela fonctionne plutot bien et l’on se prend assez vite d’affection pour ces personnages qui tentent finalement d’être heureux dans un monde parfois difficile.

En terme de réalisation, on est plus dans le documentaire que dans le film. Le réalisateur laisse souvent tourner la caméra comme s’il l’avait posé puis oubliée. Cela donne des plans fixes peut-etre peu excitant mais qui réussissent finalement à faire de nous des témoins “privilégiés” instillant de facto une espéce d’intimité avec les personnages.

Un film interessant et nécessaire qui aide à mieux percevoir une société japonaise plus complexe que nous la présente souvent les médias standards.

2923 Taiwan/2018/Couleur/37min. Réalisateur : YU Sunny

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2923.

Décidément Taiwan est en forme cette année.

Dans ce film nous suivons une jeune fille d’une 20 aine d’année. Elle quitte sa province et une famille apparemment peut attachante pour Taipei la capitale. Elle a envie d’une vie facile, d’argent facile et commence vite à travailler en tant qu’hôtesse.

Ne supportant plus de boire autant chaque soir avec ses clients elle change de travail.

Dans ce nouveau job elle est payée par des prisonniers pour venir au parloir et leur vendre de l’espoir et quelques panoramas sur son décolleté plongeant.

C’est de l’argent facile, vite gagné, elle se pense heureuse.

Un jour qu’elle visite le détenu 2923, celui-ci l’intrigue par sa façon d’être et ses réflexions sur la vie. C’est finalement de l’intérieur que vient le changement.

Une romance que la situation veut platonique s’installe petit à petit.

Le cinéma socialement engagé semble vivre de beaux jours à Taiwan. La réalisation est aussi pudique que les sentiments exprimés par les deux protagonistes et se met joliment au service de l’histoire.

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La petite mort Taiwan/2018/Couleur/17min. Réalisateur : Chou Yvette

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La petite mort.

On quitte la capitale pour Kaoshiung un ville du centre de Taiwan.

Nous suivons la vie d’une femme de ménage travaillant la nuit.

C’est un portrait sur sa condition, ses raisons de se lever le matin. Elle se sent vieillissante, fatiguée. Le temps et ses habitudes ont fait leurs œuvres jusqu’à ce qu’elle oublie finalement qui elle était.

C’est finalement une espèce de prise de conscience, un souvenir. C’est aussi une femme, avec une fierté, des rêves, un corps et des désirs.

Un film juste, qui sait traiter des questions apparemment triviales avec une belle sensibilité.

La réalisation n’est pas en reste et sait astucieusement nous faire comprendre la situation du personnage principal. La façon de filmer m’a beaucoup fait penser à celle qu’utilise Kore Eda (tel père tel fils, nobody knows, une affaire de famille).

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Whole Japon/2019/Couleur/44min. Réalisateur : KAWAZOE Bilal

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whole.

Whole (entier) traite du sujet des “half” (japonais nés d’un parent étranger). C’est une thématique qui revient de plus en plus au Japon notamment grâce à quelques acteurs/mannequin/stars “half” dont on parle régulièrement au Japon.

Mais ici c’est plutôt des “half” de tous les jours dont il s’agit.

Le japon est un pays assez particulier concernant la question de l’identité. Soit vous êtes japonais, soit vous ne l’êtes pas. La “pire” des choses c’est encore d’être entre les deux. Au Japon on aime bien mettre les gens dans des cases. On vous a identifié, on sait qui vous êtes ,ce que vous faites, on vous comprends.

Mais être entre deux “cases” tient de la gageure.

La thématique abordée par le film est assez difficile à traiter. De quoi s’agit-il exactement, de discrimination ? De bêtise ? D’incompréhension ?

Sans doute un peu de tout ça.

Le film s’en sort vraiment très bien puisque justement il tente de nuancer tout cela à travers le portrait de deux personnages assez différents.

Plutôt que de jouer la carte de la victime, il se contente de dépeindre des personnages avec leur vie de tous les jours, parfois heureuse, parfois triste, comme tout le monde mais aussi avec cette petite surcouche liée à la question de l’identité.

Ils se sentent japonais, souvent ne parle même que cette langue, mais la société ne cesse de leur rappeler le contraire.

Le film choisit donc plutôt la clef de l’empathie plutôt que celle de la critique ouverte. Amener le spectateur aussi prés des personnages et de leur vie doit permettre de mieux comprendre les difficultés liées à la recherche de l’identité.

Une belle étude sur une des composantes de l’identité japonaise.

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Nunchaku and soul Japon/2019/couleur/76 min. Réalisateur : KOBA Akiyoshi

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Nunchaku and soul.

Nunchaku and soul sont en fait les surnoms des principaux personnages du film. L’un est un gérant de restaurant dont l’hyper timidité tient de l’euphémisme. L’autre un chanteur dans un groupe de funk à qui l’on annonce que son groupe, sa raison de vivre, s’arrête finalement.

Ces deux personnages très différents vont finalement se retrouver autour d’une compétition de dance.

Nunchaku(n) souhaite impressionner une femme dont il est amoureux mais surtout se sortir de sa condition. Moqué par les gens et éternellement en situation de victime. Il a toujours fui et maintenant c’est fini. Il a décidé de changer.

Soul quand à lui se contentait de sa situation et de la petite réputation confortable que lui conférait son groupe. Mais l’apparition de sa fille adolescente qu’il n’a pas connu chamboule tout cela. Il décide également de prendre sa vie en main et participe à la compétition de dance sous l’impulsion de sa fille afin de se rapprocher d’elle.

Nunchaku and soul est un film très humble dont la seule volonté et de montrer que l’on peut tous améliorer sa condition et qu’il est souvent plus douloureux de demeurer dans l’inaction que de tenter quelque chose.

Tout cela se fait dans une joli ambiance, les méchants sont d’ailleurs plus stupides que mauvais. Le film est ensuite assez classique dans sa construction. Les personnages partent de très loin mais à force de courage et d’obstination peu à peu les choses changent dans leur vie. On se rend compte que Soul apprend aussi beaucoup de son partenaire.

Au niveau de la réalisation, on sent que les moyens n’étaient pas très importants mais la bonne humeur du film comble parfaitement ces petits écarts.

Mention spéciale à la bande son funk qui colle parfaitement avec le dynamisme du film.

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Hana Corée-Japon /2018/couleur/13 min. Réalisateur : NAKANISHI Mai

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Hana.

Un court-métrage suspense/horreur, le premier que je croise au festival.

Une baby-sitter arrive dans un splendide appartement pour un poste à pourvoir. Malgré l’inexpérience de celle-ci la mère l’embauche sans trop hésiter et lui demande de commencer séance tenante et part travailler.

La petite Hana dort déjà, mais son réveil risque de causer quelques sueurs froides à la nounou.

On est dans le film de genre absolu, c’est extrêmement classique on croit presque à un exercice de style. Le film ne brille donc pas par son originalité, mais les “tricks” mis en place marchent bien et c’est sans peine que l’on se laisse porter par le film.

Le film profite aussi du style pour aborder un problème de société pour le coup bien plus matériel. Un court intelligent.

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Yukkuri (slowly) Japon/2019/couleur/25 min. Réalisatrice : FUKUDA Momoko

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Slowly.

A l’occasion d’une rencontre d’anciens élèves, Kotaro retrouve Yoko. Les deux s’étaient depuis perdus de vue mais décide après la réunion de partager une balade ensemble.

Alors qu’ils roulent sans but précis un objet étonnant obstrue la route : une échelle d’arbitre de tennis.

Alors qu’ils tentent de la dégager un ancien élève de Kotaro surgit et leur demande de l’aider à porter l’imposant objet jusqu’au court de tennis voisin.

L’endroit n’est finalement pas si proche et cela offre une espèce de mini road-trip aux personnages, leur laissant assez de temps pour se redécouvrir.

La relation humaine à besoin de temps et c’est ce que semble vouloir nous rappeler la réalisatrice. Le film porte vraiment bien son nom, tout est calme et pourtant on se laisse prendre assez facilement par le jeu des acteurs et cette situation apparemment triviale. L’usage du road-trip était osé au niveau du format proposé (court) mais cela marche étonnamment bien.

Les plans sont pensés et le rythme est maîtrisé, une belle surprise.

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Till next time Taiwan/2018/couleur/25 min. Réalisatrice : Paulie HUANG Chih-chia

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Till next time.

Jin Tien travaille à l’aquarium ou elle s’occupe de nourrir les poissons et nettoyer les bassins. D’un naturel timide et calme ce travail semble parfaitement lui convenir.

Lorsqu’elle apprend la disparition soudaine de sa sœur, celle-ci rentre à la maison pour tenter de la retrouver. Ce faisant elle remplace sa sœur qui assistait un magicien dans ses tours.

Cela lui permettra à la fois de mieux comprendre sa sœur et nous révèle également les souvenirs douloureux qui ont émaillé la vie de la famille.

Till next time est extrêmement travaillé visuellement et se raconte beaucoup à travers son imagerie et sa mise en scène, cela tient presque plus du film d’ambiance.

Il est assez difficile de parler de ce genre de film tant l’aspect visuel compte.

Décidément le cinéma Taïwanais est en forme.

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Demolition Girl Japon / 2018/couleur/88min. Réalisateur : MATSUGAMI Genta

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Demolition Girl.

Cocoa est une lycéenne provinciale comme beaucoup d’autres au Japon. A ceci prés que lorsque tous ses camarades se demandent quelle faculté intégrer et font déjà des hypothèses sur leur vie future, elle sait déjà que ces rêves ne lui sont pas permis.

Cocoa est bloquée. Bloquée avec son père et son frère qui se sont murés dans une espèce d’insouciance enfantine et surtout paresseuse depuis que leur mère/femme est morte.

Depuis c’est Cocoa qui se débrouille pour faire tenir tout cela. C’est bien injuste elle le sait, mais elle a vite appris à accepter la situation et faire de son mieux.

Ce n’est qu’au détour d’une situation que sa tante lui apprend que sa mère lui avait laissé assez d’argent pour aller à la fac.

Ce sursaut d’espoir la secoue, c’est décidé elle s’en ira loin d’ici et ira à la fac.

Ce répit est bien-sur de courte durée, vous l’aurez compris le monde en a décidé autrement.

Demolition girl est un film énervé sur la condition des classes moyennes/pauvres au Japon. Le réalisateur nous montre comment il peut être difficile dans un des pays les plus riches du monde de s’en sortir, même si l’on est doué, volontaire et intelligent.

Plusieurs aspects sont traités, comme les aides sociales, les bourses, la misogynie, la raideur et l’hypocrisie du système scolaire japonais.

Le réalisateur me fait beaucoup penser à Sono Sion (cold fish, love exposure, hazard …) dans la mise en scène et les thèmes abordés.

Kitai Aya sert vraiment bien le film tout en retrait lorsqu’elle se trouve dans l’acceptation, elle prends beaucoup d’ampleur lorsqu’elle décide finalement de s’accrocher à ses espoirs.

Je souhaite au film de pouvoir trouver sa voie en Europe.

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Shinjuku Tiger /Japon/2019/couleur/83min. Réalisateur : SATO Yoshinori

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Shinjuku Tiger.

Shinjuku Tiger est un documentaire qui tient son nom d’un étrange personnage vivant dans le quartier de shinjuku à Tokyo. Il y a prés de 50 ans de cela, il trouve un masque de tigre dans un sanctuaire shinto. C’est décidé, il vivra avec ce masque sur le visage ne l’enlevant que pour dormir et lorsqu’il va au cinéma. Il était devenu celui que tout le monde nomme Tiger Mask.

La caméra suit cet homme toute la journée. Il livre les journaux le matin dans Shinjuku, rencontre ses amis et va au cinéma. Au début l’impression qui prédomine est celle d’un doux dingue qui a trouvé une façon originale de vivre.

Le reportage parvient cependant a érafler le vernis du masque pour tenter de savoir ce qui pourrait être à l’origine de cette décision. Au fil de l’histoire des informations finissent par filtrer et nous laisse rapidement comprendre que derrière tout cela quelque chose de bien plus profond sommeille.

Mais ne croyait pas que le réalisateur ou Tiger mask soient du genre à vous donner une réponse.

Le documentaire est vraiment intéressant et respecte le sujet dont il aurait été facile de se moquer et parvient petit à petit à s’intéresser à celui qui est derrière le masque et au message qu’il tente de porter.

Cela nous permettra de nous intéresser aux événements sociaux qui ont secoués le Japon à la fin des années 60 et au début des années 70.

Un documentaire passionnant qui résonne dans un Japon qu’il est difficile de soupçonner à notre époque.

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Wild tour /Japon/2018/couleur/67min. Réalisateur : MIYAKE Sho

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Wild Tour.

Nous suivons deux lycéens participant à un atelier ou il s’agit d’arpenter la nature et y prélever des plantes afin de mieux connaitre la flore de la région et peut être même de découvrir une espèce inconnue.

Les deux lycéens sont supervisées par une jeune fille en première année à la faculté.

Soyons honnête, à la base je ne devais pas voir ce film. La lecture du synopsis ne m’avait pas donné envie. Cependant ce jour là je n’avais rien entre les deux films prévus. Plutôt que d’attendre bêtement je suis allé voir Wild tour.

Le film est très fidèle à son synopsis et on se dit qu’on va bien s’ennuyer. Mais petit à petit le perfide mais surtout talentueux réalisateur tire les ficelles.

Wild tour traite des premiers émois, des gens que l’on aime sans espoir mais qu’on aime, de la difficulté d’en faire part, de s’exposer.

Le film vous prend doucement par la main et vous renvoie à vos 15 ans. C’était joli et bien fait. Ce film que j’allais voir par dépit, fut le meilleur que je vis ce jour là. Voila l’intérêt d’un festival.

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With all my hypotalamus /Philipines/2018/couleur/110min. Réalisateur : DWEIN Baltazar

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With all my hypotalamus.

Aileen est belle, charmante, distinguée. Elle vit à Manille et ne laisse pas les hommes qu’elle croise indifférents.

C’est justement quatre de ces hommes que nous suivons durant ce film. Ils ne se connaissent pas et ne partagent pas grand chose si ce n’est que tous sont désespérément amoureux d’Aileen.

Jusqu’à cette rencontre, ils semblaient désespérés, et commençaient peu à peu à se résigner. Mais c’est bien mal se connaitre car la flamme qu’on croyait éteinte hier, brûle désormais plus belle et plus forte que jamais.

Ailleen arrivera t elle à les rendre heureux, impossible de la couper en quatre. A moins que …

With all my hypotalamus faisait parti des films que je n’attendais pas non plus. L’histoire est tout ce qu’il y a de plus classique et on se demande vraiment ou va la réalisatrice. Pas d’inquiétude elle connait le chemin et le bon.

On fini vite par se sentir proche des personnages masculins. On partage leurs espoirs mais aussi leurs craintes de se faire rejeter. On se dit qu’au mieux il n’y aura qu’un seul élu. On pronostique, et anticipe leurs douleurs.

La fin tout en douceur est assez surprenante et nous révèle alors une autre lecture possible.

Un film intelligent que l’on ressent plus qu’on ne comprend, une ville parfaitement filmée notamment la nuit. Il y a de quoi tomber sérieusement amoureux du cinéma philippin.

En savoir plus.

Palmarés du festival :

Il y avait plusieurs compétitions différentes, voici le palmarès de cette année.

Le grand prix du festival attribué au film coréen “Maggie” réalisé par YI Ok-seop 

Le prix du talent le plus prometteur attribué à Bai Xue pour son film “The crossing” lien

Mention spéciale au film coréen “Our body” de la réalisatrice HAN Ka-ram lien ainsi qu’au film “Bubul can sing” du réalisateur indien Rima DAS. 

Le prix ABC (sponsor) qui s’accompagne d’une programmation télévision du film, attribué au film indonésien “Aruna & Her palate” réalisé par Edwin. 

Le prix Yakushi Pearl (sponsor) remis au meilleur acteur des films sélectionnés, attribué à l’actrice Sri-lankaise Nilmini SIGERA pour son rôle dans Asandhimitta. Lien

Le prix Japan cuts, prix remis par les membres du festival japan de new-york pour les nouveaux films japonais indépendants, attribué au réalisateur japonais Matsugami Genta pour “Demolition girl”. lien

Le prix housen short film (pour les courts métrages), attribué à la réalisatrice taiwanaise Paulie HUANG Chih-chia pour son film “till next time” lien

Mention spéciales pour “Whole” du réalisateur japonais Kawazoe Bilal ainsi que pour le film “2923” du réalisateur taiwanais Sunny YU. Lien

Le prix du public est attribué à la réalisatrice Hong-kongaise Oliver Siu Kuen Chan pour “Still human“.

On notera une représentation importante des réalisateurs Taïwanais. Il faut bien avoué qu’ils étaient très en forme cette année. Si j’avais à ajouter mon grand de sel dans les prix je donnerai un prix spécial pour le film “With all my hypothalamus” de la réalisatrice philippine Dwein BALTAZAR. Film que je n’attendais pas vraiment mais qui a su me scotcher tant visuellement qu’au niveau de la narration. Une belle entrée en matière pour un pays dont j’ignore tout au niveau cinématographique. Lien

Bilan du festival :

Il faut souligner le professionnalisme de l’organisation. Les programmes sont parfaitement respectés, les salles assez regroupées. Beaucoup d’événements avaient lieux autour du festival.

La bonne humeur des participants faisait vraiment plaisir. L’Osaka asian film festival est vraiment une magnifique fenêtre sur ce que nous prépare le cinéma asiatique pour les prochaines années. La possibilité de pouvoir assister aux projections dans d’excellentes conditions avec des sous-titres de qualité en fait un incontournable pour toutes personnes souhaitant s’intéresser au cinéma asiatique.

J’ai déjà hâte d’être à l’année prochaine pour couvrir l’événement une fois encore.

Un grand merci à l’équipe du festival pour sa disponibilité et sa gentillesse.

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