Taketomi, un point dans l’océan.

Nous avons déjà évoqué cet archipel du sud du japon dans l’article dédié aux îles Yaeyama. Il semblait nécessaire de faire une petite exception pour cette île en particulier. C’est peut être injuste car il semble qu’elle soit déjà la plus connue d’entre toutes mais qu’y puis je ?

Plusieurs noms pour une carte postale :

Elle est en japonais officiellement appelée Taketomi (竹富 qui pourrait se traduire par abondance de bambou). Mais l’île est également nommée Tédun (en yaeyama la langue de l’archipel) ou encore Dakidun en ryukyugo (la langue d’okinawa).

Cette abondance est vraiment intéressante car elle nous permet de comprendre que nous sommes en quelque sorte au carrefour de plusieurs cultures qui s’additionnent.

carte taketomi

un point dans l’océan je vous dit.

Taketomi c’est 5,42 km², 323 habitants, des rues non goudronnées, peu de voitures, des maisons traditionnelles, des buffles et des plages partout. En somme, une carte postale.

D’ailleurs les habitants l’ont bien compris. L’île ne vivra que grâce à cette astuce. Il s’agit donc de préserver le patrimoine, de limiter la pollution et le reste se fera tout seul.

Il faut bien avouer que le pari est réussi car à mesure que l’on déambule dans ces petites rues, on sent une certaine douceur de vivre vous envelopper.

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi rue

Déambuler dans Taketomi, éloge à la lenteur :

Pour se déplacer sur l’île il existe pas mal d’options. Beaucoup semblent opter pour ces atroces minibus qui emportent à toute allure des touristes trop pressés pour apprécier l’idée même d’île. Ils sautent véritablement d’un point à un autre et doivent certainement boucler le tour des lieux en moins d’une heure. Cette promptitude à débarasser les lieux ne serait pas sans me déplaire s’ils n’étaient pas dans l’instant remplacés par une armée de clones dont la source, même en basse saison, semble intarissable.

D’autres certainement plus avisés optent pour le vélo. C’est pratique, silencieux et permet de couvrir l’île assez rapidement.

Mais c’est encore beaucoup trop rapide me semble t-il. L’île surtout dans ces dimensions, est une mise à l’échelle, l’homme retrouve ici une taille qui devient facile à intégrer, qui posséde une relation plus évidente avec son environnement.

J’en suis convaincu, seule la marche permettra de prendre la pleine mesure de ses lieux et d’y goûter véritablement.

J’oubliais l’option balade en calèche tirée par des buffles d’eau. J’ai beau être un touriste, c’était un peu trop pour moi. La marche je vous dis.

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi buffle

 

Un village sur un banc de sable :

On pourrait résumer l’île à cette image. Lorsqu’on descend du bateau une petite route mène directement au village. Après cinq minutes les premières habitations apparaissent ça et là. Les maisons sont de plain-pied, assez basses et sont recouvertes par ces immenses toits de tuiles oranges si caractéristiques de la région.

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi point de vue

 

L’ensemble est souvent couronné de shisha, ces lions chimériques issus du folklore et censés protéger les habitants des mauvais esprits.

Chaque maison est ceinte de murets de pierres qui souvent s’habillent de fleurs qui ici regorgent de vie et de couleur. Lorsqu’on voit l’extravagance de la flore, on peut comprendre que cette dernière puisse déteindre sur les habitants des lieux.

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi plage balançoire

Les ruelles sablonneuses s’installent et très vite on finit par se perdre dans ce labyrinthe solaire. On revient sur ses pas, on finit par reconnaître des façades, on découvre de plus petites allées et on se perd à nouveau. Taketomi est un endroit où il est heureux de s’égarer.

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi maison

Une maison typique de l’île.

Quelque part une plage :

Quand on veut aller à la plage sur Taketomi, rien de plus simple. Il suffit d’aller tout droit et en 25 minutes maximum vous touchez au but.

Jamais murs d’une prison n’ont été aussi agréables à contempler.

Malgré la taille de l’île les rivages varient sensiblement avec l’orientation que l’on aura choisie.

La plage la plus connue est celle qui possède un sable étoilé (hoshizuna 星砂 ).

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi plage étoile

à la recherche du sable étoilé.

Il s’agit en fait de l’enveloppe minérale qui protège certains mollusques. La chose est apparemment assez rare donc prisée. Les convois de bus sont très friants de l’endroit et déchargent leurs marathoniens pour une chasse aux trésors express. Les plus pressés pourront acheter leur fiole souvenir à 300 yens sur un stand lourdement approvisionné.
C’est certainement l’endroit le moins intéressant de l’île. J’abandonne vite les étoiles tombées du ciel pour des rivages plus calmes.

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi sable étoile

des étoiles en bouteille.

 

Les lieux enchanteurs ne manquent pas et souvent la végétation de l’île prépare de jolis écrins à la côte. Les arbres s’écartent et laissent apparaître des bleus que seules les devantures d’agences de voyages font d’habitude miroiter.

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi végétation

La végétation s’ouvre souvent sur de jolis rivages.

Un petit tour du côté des cuisines :

La nature spirituelle est essentielle et Taketomi n’en manque pas. Il est cependant nécessaire de redevenir plus terre à terre (mer). Pas d’affolement, votre estomac saura se charger de l’affaire.

Il y a pas mal de petits restaurants sur l’île. En faire le tour est très agréable, et c’est un peu par hasard que nous en choisissons un.

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi plat

La mer est présente jusque dans nos assiettes.

Le plat principal est constitué de viande de porc (noir ) local qui s’étale sur un bol de riz. Ce n’est pas mauvais mais pas incroyable. Cependant le petit bol de soba accompagné de ses algues est un régal. Le tout est également servi avec du mozukusu qui est également constitué d’algues baignant dans une sauce légèrement vinaigrée. C’est excellent et déjà, je lorgne envieux sur les bols de mon voisin.

L’ambiance du restaurant n’est pas en reste non plus. L’endroit est chaleureux et donne envie de s’y attarder. Il doit être agréable d’y boire un verre avec des amis un soir de tempête.

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi restaurant

Trouver l’ouest et attendre la fin du jour :

En général les gens ne semblent passer sur l’île qu’une demi-journée. Beaucoup ont été étonnés d’apprendre que nous soyons restés la journée entière. Toujours la même question : mais vous avez fait quoi pendant tout ce temps ?

Je ne savais trop quoi répondre tant il m’aurait semblé nécessaire d’y passer au moins une semaine pour commencer à entrebâiller le voile.

laurent Ibanez derriere la colline iles yaeyama taketomi plage resort

L’après-midi fut simple, errance, verres en terrasse, discussions. Puis trouver l’ouest, s’asseoir et contempler un horizon dégagé de tous obstacles. Les bruits, les odeurs, les températures qui petit à petit s’affranchissent du soleil.

J’y serais bien resté plus longtemps sur cette île.

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