Louer un appartement au Japon.

Lorsque l’on se déplace à l’étranger pour quelques semaines hôtels, guest house, couchsurfing sont des options parfaitement envisageables. Si l’expérience tend à se prolonger au delà du mois voire jusqu’à l’année c’est souvent la guest house qui sera retenue car facile d’accès, peu de paperasse et possibilité de rencontrer du monde. Cette facilité à cependant un coût, en effet les chambres sont souvent petites, assez chères et les communs partagés. Il n’y aura qu’un pas entre l’expérience incroyable et regrettable. J’évoque en partie cela dans cet article.

Lorsque vous décidez de rester plus d’une année, l’hypothèse de sa propre maison devient vite une solution de choix.

On devient acteur de son environnement, on maîtrise son intérieur et sa façon de vivre. C’est aussi une nouvelle relation avec ses voisins, on se rend aussi vite compte des économies réalisables sur le moyen terme.

Mais avant d’en arriver à se poser tranquillement dans son canapé il existe quelques préliminaires parfois délicats à franchir.

C’est donc cette expérience que je vous propose de partager aujourdhui.

Définir ses besoins mais aussi ses moyens :

La recherche que nous avons effectuée pour notre chez nous s’est déroulé dans le Kansai. Nous avons beaucoup hésité entre Kyoto et Osaka, aussi pour nous aider à faire un choix nous avons visité dans les deux villes.

Nos contraintes étaient à peu près celles ci :

Budget : 70 000 yens

Taille / superficie : 2 chambres pour 40/50 m²

Accès facile vers Osaka (si appartement à Kyoto) et inversement si Kyoto était retenue.

Premières recherches et prise de contact :

J’ai longtemps cherché s’il n’existait pas de système de location entre particulier pour éviter les agences mais je n’ai rien trouvé, et lorsque je posais la question celle-ci semblait vraiment incongrue.

Nous avons commencé à enquêter sur internet, mais devant la masse de biens disponibles et d’informations, nous avons vite ressenti le besoin de nous tourner vers des spécialistes.

laurent ibanez derriere la colline louer un appartement au japon agence internet

Les offres sont nombreuses sur internet.

Nous entrons dans une agence contactée la veille. Comme d’habitude nous sommes accueillis par tous les vendeurs par un irashaimase lancé en coeur.

On nous fait nous asseoir et on nous tend une feuille d’informations à remplir concernant notre démarche. Dans le même temps du thé nous est apportée.

Une fois la feuille remplie et remise, notre interlocuteur se présente enfin et nous remet sa carte de visite. (Ce rituel sera toujours le même quelle que soit l’agence visitée.)

Il s’en suit une conversation servant à approfondir notre recherche puis immédiatement l’agent se met à la recherche de biens sur son ordinateur. Il imprime plusieurs documents qu’il nous remet alors accompagnés d’explications.

Ces fiches d’identités présentent beaucoup d’informations et quelques photos qui sont souvent des photos de l’immeuble et non de l’intérieur de l’appartement.

Un plan de l’appartement et une carte situant le bien sont également souvent présents.

L’agent semble extrêmement concentré sur sa tâche. Les questions sont bien senties et les biens proposés assez pertinents. Très vite nous retenons quelques appartements et lui demandons s’il est possible de les visiter.

Réponse affirmative, il contacte les personnes nécessaires pour organiser la visite séance tenante.

Cela fait à peine une heure que nous sommes arrivés et dèjà nous partons en visite.

Une voiture nous attend dehors, le moteur tourne, la voiture est fraîche.

Visite des logements :

Compte tenu de nos demandes et de notre budget assez serré nous sommes conscients que ce ne sont pas les plus beaux biens que nous allons visiter. Les années de construction oscillent entre 1970 et 1992.
Mis à part quelques appartements franchement en mauvais état, la plupart des biens visités sont vraiment en bon état.

Il faut savoir qu’entre chaque occupant le lieu est nettoyé et rafraîchi si nécessaire. Tout cela a un coût mais il est vraiment agréable de voir que même après de nombreuses années les biens présentés sont propres, les sanitaires sont également régulièrement changés.

En deux jours de visites sur Kyoto et juste une journée à Osaka nous retenons un appartemen dans chaque ville. Après d’importantes délibérations nous retenons celui d’Osaka.

L’appartement de nos rêves :

Situé à Kamishinjo sur la ligne Hankyu il permet de rallier Umeda (Osaka) en 15 min et Kawaramachi (centre de Kyoto) en 45 minutes.

Le lieu est assez agréable dans une zone résidentielle calme. Le bien donne sur un magnifique temple shinto c’est parfait. De plus en quelques minutes il est possible d’atteindre la gare et les nombreux commerces qui la jouxtent. L’alliance parfaite entre calme et trépidation.

L’appartement est un T3 de presque 50 m² situé dans un immeuble de 4 étages. Les chambres sont en tatami, cela induit quelques contraintes mais cela reste vraiment un plaisir.

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L’immeuble en question.

Tout a un prix :

Le loyer avec charges est à 62 000 yens (hors électricité, gaz et eau). Mais cela est loin d’être ce qu’il faudra acquitter pour entrer dans les lieux. Ceux qui ont déjà loué au Japon le savent, il y a un véritable “pas de porte” à acquitter.

Beaucoup de frais doivent être rajoutés à la première facture, ce qui va avoir pour conséquence de vider votre épargne à vitesse grand V.

En voici une petite liste non exhaustive :

Frais d’agence : d’un demi loyer à un loyer

Assurance incendie : elle est de deux ans (durée standard d’un contrat de bail au japon) 20 000 yens

Assistance 24 /24 : 20 000 yens

Changement de clef : de 10 à 20 000 yens

Nettoyage de l’appartement : 20 000 yens

Cadeau au propriétaire : c’est en général un loyer mais il m’est arrivé de voir ce prix multiplié par quatre.

Les frais liés à l’oganisme de garantie 30 000 yens

etc ..

Vous l’avez compris la facture peut monter de manière assez importante. Nous nous sommes retrouvés par exemple avec un prix de 240 000 yens (pour un loyer initial de 62 000 yens).

La négociation :

Je croyais le Japon assez fermé sur la négociation. En fait ce n’est pas le cas du tout. C’est vrai qu’à prime abord, les agents ne semblaient pas vraiment enclins à discuter les prix. Peut être doutaient-ils de notre intention de louer. La chose changea significativement lorsqu’ils comprirent que nous étions sérieux et que nous hésitions vraiment entre deux biens.

Il a donc été possible dans certains cas de diminuer les frais d’agences, de faire disparaître le cadeau fait au propriétaire etc.

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Les offres sont souvent affichées ainsi dans la rue.

Quand on est étranger au Japon :

Cette donnée est forcément à prendre en compte. La question se posera au moins à deux niveaux.

– D’un point de vue humain : La question de ma nationalité s’est toujours posée au moment de la prise de rendez vous pour les visites. Doit on en conclure que les japonais sont racistes ? Je ne le pense pas. La raison me semble en fait beaucoup plus prosaïque. En effet les japonais intègrent depuis leur enfance tout un système de règles de vie. Cet ensemble de règles va alors agir comme une véritable interface sociale permettant d’une certaine manière de fluidifier les rapports sociaux. Il va sans dire que lorsqu’on place une personne étrangère à ce système dans la société, cela générera obligatoirement quelques situations difficiles à gérer. Il me semble que c’est cette situation que les agents essayent de prévenir lorsqu’ils évoquent directement la question de ma nationalité. D’ailleurs après quelques échanges, je les sentais vite rassurés sur cette question.

– D’un point de vue économique : Cette question fût bien plus difficile à surmonter. En effet étant étranger et sans entreprise pour me garantir, on m’a souvent dit que je pouvais décider de rentrer en France du jour au lendemain et donc que toutes garanties hors Japon étaient donc inutiles. J’ai d’ailleurs vite été ignoré dès qu’il s’est agit de signer les contrats ou de parler de garants.

J’avais donc l’impression de me retrouver comme un enfant, sans passé, sans patrimoine, sans sens des responsabilités. Lorsqu’on a pas mal voyagé et qu’on a depuis longtemps l’habitude de s’assumer, cette douche froide fut des plus désagréables. Je comprends mieux pourquoi les guest house pour étrangers font si bon commerce au Japon.

Cette dernière question fut un obstacle de taille et il nous fallut vraiment “ruser” pour réussir à la résoudre.

Home sweet home :

Entre la négociation et la question des organismes de garantie, il nous aura fallu pratiquement un mois pour avoir le feu vert de l’agence. Après cela tout est allé très vite et c’est en une semaine à peine que nous pûmes prendre possession des lieux.

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Le temple qui jouxte l’appartement.

Après pratiquement 3 ans d’errance cela faisait bizarre d’avoir à nouveau des placards et de pouvoir y vider nos sacs à dos.

C’est donc une vie beaucoup plus sédentaire qui commence. Elle sera faite de vie de quartier, de routine, de rencontres du quotidien

Il est agréable de croiser tous les jours les mêmes visages étrangers.

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3 thoughts on “Louer un appartement au Japon.

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